Gaston III Phoebus ou Gaston III Fébus, Seigneur souverain du Béarn, Comte de Foix, Vicomte de Marsan, de Gabardan, de Nébouzan, de Lautrec et des Terres basses d’albigeois, co-seigneur d’Andorre, que l’on a coutume de désigner comme « Prince des Pyrénées » tant son lignage et son renom était rayonnant en cette période du haut moyen âge naît le 30 avril 1331 au château de Foix. En 1358, au retour de sa croisade de Prusse où il prêta main forte aux chevaliers teutoniques, il prit le nom de Phoebus, l’astre lumineux qui éclaire le monde et devint, bien avant Louis XIV le roi soleil, le comte Gaston III « soleil », ce qui démontrait son ambition et sa renommée. Apparenté aux familles royales des Valois, de Navarre, d’Aragon, d’Anjou, il eut une existence princière et particulièrement les occupations des grands seigneurs de l’époque dont la
chasse.
Gaston Phoebus ne fut pas un
chasseur et veneur ordinaire comme il en existait de son temps parmi les Princes et la noblesse. Il est à la fois un théoricien et un pratiquant hors pair de l’art de la
chasse. De tout temps il se consacra à la
chasse et même lors de la croisade en Prusse, passant par la Norvège et la Suède, les chroniqueurs font état d’une
chasse aux rennes. Mais dés 1387, Gaston Phoebus se consacra entièrement à la
chasse, soit en la pratiquant assidûment, soit en dictant à ses secrétaires son œuvre majeure : « Le Livre de la
chasse ». Il est probable qu’il mettra 3 années complètes à l’achever.
Le Livre de la chasse
Ce traité de la
chasse écrit par Fébus est un ouvrage didactique destiné à offrir un véritable traité des techniques de la
chasse et des toutes choses y étant liées. L’ouvrage décrit les différents
gibiers, les différents procédés de
chasse visant à la capture de ces animaux. Les méthodes de
dressage des
chiens, les soins qu’il faut leur apporter. Il y parle déjà des
chiens d’oiseaux et
épagneuls qu’il utilise essentiellement pour la fauconnerie. Il s'en sert pour chasser
cailles et
perdrix et décrit déjà leur aptitude à l’arrêt :
« Ils sont bons pour le
gibier, et aussi quand on leur apprend à être couchants, ils sont bons pour prendre
perdrix et
cailles au filet… »
Mais l’essentiel du traité fait état des
chiens courants, lévriers, dogues, mâtins utilisés pour chasser et forcer les grands animaux. Il précise déjà les codes et règles de la
vènerie. Fébus a puisé dans son immense expérience pratique mais aussi dans les ouvrages antérieurs tels que «le « Roman des déduits et des
oiseaux » de Grace de la Buigne (1359 à 1377) et le célèbre « Livre du rois Modus et de la reine Ratio » d’Henri de Ferrières (1354 – 1374). Le « Livre de la
chasse » offre également de magnifiques illustrations et enluminures qui permettent de juger des scènes réelles coutumières de
chasse et des différentes morphologies des animaux et
chiens de l’époque.
La mort du Comte veneur
Le 1er août 1391, Le Comte de Foix Gaston III Phoebus, après la
curée d’une
chasse à l’ours dans la région d’Orthez, dans les
bois de Sauveterre, se rendit à l’Hôtel d’Orion ou était dressée la table pour le repas. La journée était extrêmement chaude et la pièce fraîche. Lorsqu’il se fit verser de l’eau sur ses mains pour les ablutions traditionnelles, il pâlit, tressaillît et s’effondra sur son siège. Demi heure plus tard, Fébus trépassa. On pense qu’il eut une hémorragie cérébrale déclenchée peut être par un phénomène d’hydrocution. Ainsi mourut un grand Prince de la
chasse qui de nos jours encore fait référence historique dans le domaine de la cynégétique.