La grippe aviaire (appelée aussi « grippe du poulet » ou « influenza aviaire »), est une maladie animale qui peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques.
Les souches faiblement pathogènes de ce virus peuvent muter génétiquement en se propageant d'un élevage à l'autre, en particulier si les barrières sanitaires entre élevages sont insuffisantes.
A partir d'une certaine virulence, ces souches provoquent une maladie appelée l'influenza aviaire dont une des plus pathogènes est celle provoquée par le virus H5N1, susceptible d'infecter d'autres espèces animales.
Espèces concernées
L’influenza aviaire peut toucher de nombreuses espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Les
oiseaux sauvages aquatiques - notamment les
canards sauvages - constituent un réservoir naturel des virus influenza. Ces
oiseaux sont aussi les plus résistants à l’infection. Parmi les volailles domestiques, les dindes et les poules sont les plus sensibles à l’infection rapidement mortelle dans les cas de virus hautement pathogène.
Les virus de l’influenza aviaire peuvent également infecter d’autres mammifères : suidés (porc, espèce chez laquelle peuvent avoir lieu les recombinaisons génétiques entre virus aviaires et virus humains), équidés (cheval), mustélidés
(vison, furets, fouine), canidés
(chien), les félidés (tigre, panthère, chat).
Le virus H5N1 peut infecter les
oiseaux, mais aussi les félidés (des cas de maladie, dus au virus hautement pathogène, ont été décris chez le chat et le tigre notamment en Thaïlande). Il n’infecte les porcs que très difficilement.
Modes de contamination
La contamination entre
oiseaux se fait essentiellement par contact direct (secrétions respiratoires et matières fécales). Elle peut aussi être indirecte par l’intermédiaire d’aliments ou d’eau, contaminés par des fientes d’oiseaux sauvages porteurs du virus, ou encore par divers matériels contaminés (vêtements, chaussures, véhicules de transport, cages, cartons, paille, ...). Le virus pénètre dans l’organisme de l’oiseau par la voie digestive ou par la voie respiratoire. Les espaces confinés favorisent la transmission du virus.
Le contact entre
oiseaux captifs et
oiseaux sauvages contaminés constitue un risque non négligeable de transmission, qui justifie une vigilance vis-à-vis :
- des appelants (des
oiseaux utilisés par les
chasseurs pour attirer le
gibier d’eau, par leurs chants) ;
- des volailles élevées en plein air ;
- du
gibier d’eau.
Symptômes chez l’animal
L’influenza aviaire peut avoir des symptômes très variés, allant d’une forme bénigne à une maladie très contagieuse et rapidement mortelle qui provoque de graves
épizooties. On parle alors d’influenza aviaire hautement pathogène, qui se caractérise par une apparition brutale de symptômes graves et une évolution rapide vers la mort. Le taux de mortalité peut avoisiner les 100 % en 24 ou 48 heures.
Après une période d’incubation moyenne de 3 à 5 jours, les signes suivants peuvent apparaître chez les
oiseaux d’élevage :
diminution de l’appétit ;
prostration ;
réduction considérable de la production d’œufs ;
troubles digestifs (diarrhée) ;
affections respiratoires (toux, râles) ;
bleuissement (cyanose) de la crête et des barbillons (formations cutanées situés sous la tête).
S’il s’agit d’une souche hautement pathogène du virus, ces symptômes s’aggravent et ils peuvent déboucher sur une mort rapide.
Certaines espèces, notamment chez les
oiseaux sauvages, sont plus résistantes que d’autres et les
canards peuvent être infectés par des souches pathogènes en ne présentant que des signes cliniques très discrets. La souche A/H5N1 circulant actuellement en Asie provoque des signes cliniques chez les volailles domestiques et chez certains
oiseaux sauvages.
En présence de souches faiblement pathogènes, les volailles peuvent présenter des symptômes frustes voire ne développer aucun signe clinique.
transmission à l’homme
L'homme peut lui même être contaminé dans des conditions de promiscuité extrême avec des animaux malades ; ce qui a été observé en Asie. Pour autant, le virus H5N1 n'est pas transmissible de l'homme à l'homme. Une pandémie humaine ne surviendrait que si le virus mutait pour devenir contagieux pour l'espèce humaine. Depuis 2003 un type particulier de ces virus, le virus H5N1 hautement pathogène, est à l’origine d’une
épizootie (épidémie chez l’animal). L’Asie, l’Europe et l’Afrique ont été successivement atteintes. Ce virus, très contagieux chez les
oiseaux et les volailles domestiques, n’est dangereux pour l’Homme que dans des circonstances de contacts étroits, prolongés et répétés avec des secrétions respiratoires ou des déjections d’oiseaux infectés, dans des espaces confinés. La transmission du virus aviaire à l’Homme reste un phénomène rare.
(Sources : Ministère chargé de l’Ecologie ; Ministère chargé de l’Agriculture)