Patrice Bac est né à Paris, juste après la guerre. Il baigne dans une ambiance de préparatifs de
chasse :
« Je garde encore aujourd’hui le son de l’écouvillon passant dans les canons. Une canne siège dépassait d’une grosse gibecière remplie de boîtes de cartouches numéro six écrit en lettres rondes et que je n’osais explorer. Il y flottait des réminiscences de forêt, de poudre mêlée à l’huile de fusil, de cuir, d’écorce mouillée, de brouillard d’octobre. […] Les lundis matin d’automne, avant de partir à l’école, je me précipitais à la cuisine, voir ce que mon père, la veille, avait rapporté de la chasse. […] De temps en temps, un gros ramier, une tia tia, oiseaux lointains. Exceptionnellement, une bécasse qui m’émerveillait…. »
Peintre des émotions
Patrice Bac est avant tout le peintre des émotions et du ressenti au travers d’une esthétique sans faille, de l’élégance, de la richesse des couleurs, de la beauté naturelle tout court… Il saisit une vision, un instant intense du vécu et le traduit de façon ordonnée et émotive par quelques traits, taches de couleurs très évocatrices, légères… il est l’un des maîtres de l’aquarelle.
Depuis quelques années, entouré de passionnés avec lesquels il partage la
quête d’animaux divers, Patrice Bac se consacre à retranscrire cette passion au travers de la peinture. Que ce soit à l’huile, à l’aquarelle, au pastel ou à l’acrylique, il essaie de dégager et transmettre une émotion : un
brocard inquiet, la surprise de
perdreaux giclant des betteraves humides devant le
chien pétrifié, cette
bécasse diabolique coursée des heures et s’envolant tout à coup dans les bottes, quand le
fusil est cassé, ce craquement de quelque
bois mort dans le brouillard, après une longue attente et qui fait battre le cœur, ce chuintement dans le bleu marine d’une volée de sarcelles qui s’effacent dans le rose du couchant, ce
raire dans la douceur de septembre