Petites définitions :
Louveterie : équipage pour les
chasses au loup. L'institution de la Louveterie remonte à l'année 1308, son organisation à 1520, sa restauration au 20 août 1814. La charge de Grand
Louvetier a été supprimée en 1879.
Institution ayant pour mission d’assurer les
battues de destruction des nuisibles.
Louvetier : lieutenant de louveterie. Originellement officier ayant reçu des pouvoirs spéciaux pour faire et diriger les
chasses et
battues de loups. Actuellement, c'est un
chasseur qui, ayant reçu commission pour chaque arrondissement d'un département, est chargé de la destruction des animaux malfaisants.
Lieutenant de louveterie : officier, fonctionnaire bénévole et assermenté appartenant à l’échelon national au Corps des Lieutenants de Louveterie.
Luparii : chasseurs de loups au temps de Charlemagne, dès 813.
Institution
La louveterie a été créée par Charlemagne (768-814) en l'an 812, pour protéger les habitants et leurs élevages contre les loups.
Dès 813, les luparii, détenteurs d’une commission d’officier et rétribués pour leur intervention à la chasse-plaisir de la noblesse, furent associés à la destruction des loups sur les terres royales.
Objectifs : présentation des peaux et recherche en mai des portées et des louveteaux. Par leurs actions individuelles (piégeage, capture,
chasse à courre) et collectives (organisation de
battues), les
louvetiers ont maintenu pendant des siècles l’effort d’éradication du loup. Afin que leur commission ne se limite pas à un simple titre honorifique, ils devaient entretenir à leurs frais un équipage de
chasse composé d’au moins un piqueur, deux valets de
limier, un valet de
chiens, dix
chiens courants et quatre
limiers.
De Charlemagne à la Révolution, en contrepartie, ces hommes bénéficiaient de privilèges conséquents : exemption du service militaire, de la taille personnelle (impôt sur les revenus et les biens), du logement des gens de guerre, de guet, des patrouilles et corvées, autorisation du port d’armes, des couleurs du roi, levée de primes (perception). Ils avaient également le droit de chasser à courre deux fois par mois dans les forêts impériales,
chevreuil, sanglier et
lièvre. Les relations des officiers de louveterie avec le pouvoir central étaient étroites. Avec l’extension de l’influence de la couronne, leurs activités devaient s’exercer sur des territoires toujours plus vastes. François 1er (1515 — 1547) l’officialisa. Il organisa un corps de
chasse en 1520. Ce fut notamment Louis XVIII (1755-1824) qui fixa leur uniforme. L’actuel insigne réglementaire est la reproduction du bouton de cet uniforme de
vènerie. Au XIXe siècle, 39 % des lieutenants appartenaient à la noblesse et exerçaient en outre un rôle politique local, 61 % étaient des propriétaires terriens. La louveterie disparut pendant deux brèves périodes. La première fut celle de la révocation des commissions sous Charles VI (1395-1404) et la seconde fut celle de la révolution (1789-1805). Par un règlement du 9 août 1787, la louveterie fut supprimée sous prétexte d'économie, et ceci, malgré les services considérables rendus depuis tant de siècles par les
louvetiers. Cependant, 10 ans plus tard, la loi du 19 Pluviôse an V (7
février 1797) était le prélude non seulement du rétablissement de la louveterie, mais de la législation actuelle.
Sous le Premier Empire, Napoléon Bonaparte devait rétablir, en 1805, l’institution en réformant notamment sa structure hiérarchique. Le lieutenant de louveterie était choisi parmi les hommes les plus aptes à capturer les loups. Il devait connaître le territoire, ses habitants, la faune. Il avait réputation et considération. Homme de terrain, il était le tenant du lieu, le lieutenant.
Depuis 1921, l’Association des lieutenants de louveterie de France, reconnue d’utilité publique par décret du 1er mai 1926, regroupe la quasi-totalité des lieutenants de louveterie et représente à l’échelon national le Corps des lieutenants de louveterie.
Ceux-ci sont également regroupés à l’échelon régional et départemental (22 régions administratives = 22 régions de louveterie). L’Association Nationale est souvent consultée pour avis par les autorités responsables au plus haut niveau de la
chasse française. Les associations régionales et départementales peuvent participer à l’action des organismes publics (classement des espèces, élaboration des plans de
tir, collaboration lors des épreuves de l’examen du permis de chasser…)
Nomination
Les lieutenants de louveterie sont nommés par le Préfet sur proposition du Directeur départemental de l'Agriculture et sur avis du Président de la Fédération départementale des
Chasseurs pour cinq années renouvelable.
Ils doivent jouir de leurs droits civiques, être âgés de 23 à 70 ans, avoir un permis de chasser depuis au moins cinq ans, posséder la compétence cynégétique nécessaire pour remplir correctement leurs fonctions, notamment par leurs connaissances de la vie, des mœurs des animaux sauvages, de l'équilibre biologique à maintenir et la législation de la
chasse et des règles de sécurité. Ils doivent obligatoirement résider dans le département. Ils sont assermentés. Dans l'exercice de leurs fonctions, les
louvetiers doivent être porteurs de leur commission préfectorale et d'un insigne représentant une tête de loup dorée avec en exergue une courroie de
chasse émaillée bleue portant l'inscription « lieutenant de louveterie » en doré. Ils s'engagent par écrit à entretenir, à leurs frais, soit un minimum de 4
chiens courants créancés exclusivement à la
chasse du
sanglier ou du
renard, soit au moins 2
chiens de déterrage. Ils peuvent être autorisés à acquérir, à détenir et à porter dans l’exercice de leur fonction des armes et munitions de 1re ou 4e catégorie. L’arrêté ministériel du 27 mars 1973 détermine l’uniforme que peuvent porter les
louvetiers: tenue de
chasse, tenue de cérémonie, tenue de
vènerie.
Fonction
Il est le conseiller technique de l'administration en matière de destruction de nuisibles. Il a un rôle d’information sur les moyens de prévention possibles, de régulateur par des
chasses particulières ou
battues administratives. En tant qu’agent assermenté, il est habilité à dresser procès-verbal, s’il constate des infractions à la police de la
chasse dans sa circonscription. Il a un rôle psychologique important de conciliateur avec le monde agricole et peut solliciter l’organisation de réunions locales en relation avec le Maire et le locataire du droit de
chasse.
Missions
Les missions des
louvetiers, héritiers d'une tradition millénaire, sont plus que jamais d'actualité. Institué par un capitulaire de l'empereur Charlemagne datant de 813, le corps des « luparii » assure depuis cette date la régulation des espèces nuisibles. Si le loup qui orne le blason des
louvetiers n'est plus depuis fort longtemps une menace,
renards, sangliers, mustélidés, pigeons, corvidés, ragondins, cormorans, lapins… causent d'importants dégâts aux cultures, aux élevages, aux étangs et jusqu'aux jardins des citadins. Alors, lorsque la saison de
chasse se termine et que le nemrod raccroche son
fusil, celle du lieutenant de louveterie ne fait que commencer.
L’action de la louveterie se déroule dans le cadre des articles R227-1 à R227-3 du Code rural sous différents aspects :
- Mission de prévention des nuisances occasionnées par les animaux nuisibles
- Exécution des réductions collectives des espèces nuisibles
- Missions techniques diverses, enquêtes sur les dégâts, sur la gestion des nuisibles…
- Répression du braconnage et mission de police de la
chasse
Chaque mission doit faire l’objet d’un accord de la DDAF. Pour les
battues administratives de destruction un arrêté préfectoral sera demandé. La mission de police de la
chasse se déroule sous l’autorité du Procureur de la République du Parquet compétent. Chaque mission fera l’objet d’un compte-rendu à la DDAF. Habilité à diriger les
battues de régulation des animaux classés nuisibles, le lieutenant de louveterie dispose aussi de privilèges particuliers, tel que le droit important de faire des
battues sur les propriétés privées, en raison de l’intérêt général au nom duquel il agit. Le lieutenant de louveterie est agrée d’office comme piégeur, il régule les nuisibles et plus particulièrement les
sangliers. Il organise et dirige les
battues administratives ordonnées par arrêté préfectoral.
Il faut rappeler que lors d'une battue administrative, il ne s'agit plus d'action de chasse, mais de destruction. Il a des missions spéciales. Il participe aux différentes commissions…exemple: liste des nuisibles, commission plan de
chasse petit et grand
gibier, schémas départementaux (nouvelle loi
chasse juillet 2000). Le tout à ses frais, car le
louvetier bénéficie d'un statut unique en France, il est fonctionnaire bénévole de la République !
Critères d’appréciation des qualités cynégétiques requises pour exercer les fonctions actives des lieutenants de louveterie
Il est indispensable que les lieutenants de louveterie bénéficient d’une compétence cynégétique. Il convient bien sûr d’apprécier la connaissance des espèces de faune sauvage (y compris des petits prédateurs), mais aussi d’éviter les candidats qui n’envisageraient leurs fonctions que comme une activité complémentaire de
chasse. En effet, indépendamment de la conduite des
battues administratives, les lieutenants de louveterie peuvent être conduits à rédiger des rapports en tant que conseillers techniques de l’administration (par exemple relatif aux dégâts de
gibier ou à l’état des populations) et des procès-verbaux (en matière de
chasse). Seront nommés que les candidats physiquement capables. Une bonne connaissance de la réglementation est exigée. Il doit toujours être disponible. Pour les lieutenants de louveterie actuellement en fonction, il sera vérifié par la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt la ponctualité à transmettre et la qualité des comptes rendus et des rapports.
Aujourd’hui :
En 1966, l’Assemblée nationale décida de moderniser la louveterie. Celle-ci existe encore malgré la disparition du loup. En 1971, la loi française a adapté ce Corps à l’économie moderne. Ce sont aujourd’hui des auxiliaires d’agriculture et conseillers cynégétiques, nommés pour cinq ans par le Préfet. Ils sont encore en principe chargés, aujourd’hui, « de la régulation des nuisibles et du maintien de l’équilibre de la faune sauvage ».
Conclusion
Le lieutenant de louveterie a l'obligation d'être un
chasseur modèle et à promouvoir l'éthique de la
chasse. Il doit être un sage. Sont écartés les excités, les agressifs, les ambitieux, les profiteurs ; les grandes valeurs sont toujours modestes. Sa fonction demande autorité et diplomatie, mandat qu’il peut d’autant mieux assumer, que son recrutement fait l’objet d’une sélection rigoureuse.