ATTENTION LES DEGATS!
Alors que des
battues administratives et des
tirs de nuit ont été organisés depuis quelques mois pour tenter de réduire les dégâts récurrents commis à l’agriculture de plaine comme de montagne par ces cochons de
sangliers, alors que, à la grande satisfaction des maires et de l’administration recevant les plaintes d’agriculteurs, des
chasses collectives sont réalisées avec une certaine efficacité, voilà que se profile une autre menace, des dégâts de faisans !
Un agriculteur m’a dit récemment : « je préfère voir dix
renards plutôt qu’un seul
faisan ! Eux au moins se chargent de toute cette “volaille” et de ces “oreillards”, de plus ils ne touchent pas au grain. »
C’est le bon sens paysan, comment n’y ai-je pas pensé ?
Puisque
lapins, lièvres, perdreaux, faisans, etc. se font de plus en plus rares là où ils n’ont pas totalement disparu, la
chasse repose désormais sur les
sangliers et les cervidés. Pourquoi ne pas éradiquer ce dernier réservoir naturel de
chasse ? Le problème des dégâts serait définitivement résolu.
La question est néanmoins de savoir si, lors des adjudications, il restera des
chasseurs pour se disputer les lots. Pas de
gibier, pas de
chasseurs, c’est évident ! Alors, qui paiera les dégâts ? D’ailleurs y aura-t-il encore des dégâts si la faune a définitivement disparu ? J’ai essayé de réfléchir à ce dilemme, sans rien y comprendre évidemment, sauf à faire ce constat : il restera le
renard à chasser, éventuellement le
gibier d’eau si une vague de froid ne nous empêche pas, d’autorité, de sortir nos
fusils.
Idée saugrenue ? Cela mérite réflexion, il suffirait de déclasser le
renard des espèces nuisibles pour le reclasser espèce gibier… et de plus, il serait totalement naturel ! Mais que faire des peaux, puisque la fourrure (excepté la synthétique) est passée de mode ?
Désolé pour les nostalgiques des belles
chasses d’antan et des tableaux aussi beaux que variés. D’ailleurs, ne dit-on pas que les temps ont changé ?
Revenons à nos dégâts de faisans. L'adjudicataire d’un lot de
chasse vient de recevoir le décompte des dégâts de
gibier, fait par un estimateur mi-juillet (à cette époque de l’année, le maïs est déjà bien sorti de terre !). Sans mettre en doute la compétence et l’impartialité de cet estimateur, ce dernier a constaté, seul, une surface endommagée de neuf ares de maïs… par les faisans ? Montant des dégâts : 23,18 € + 14,93 de frais d’estimation = 38,11 €. Je ne m’autorise aucun commentaire !
Amis
chasseurs, à vos menus de fête, mettez-y du
faisan. Croyez-moi, à présent une nouvelle sorte de dévastation nous menace… et ce n’est pas le tronc commun qui indemnise !
Clément KUNEGEL