Tous les secrets de la visée indirecte expliquée.
La
chasse de la
bécasse, oiseau si particulier, oblige le bécassier à développer une technique de
tir adaptée, que l'on peut qualifier d'instinctif, car il semble à priori tenir compte beaucoup plus des sensations immédiates maîtrisées que d'une visée calculée. On dira que le bécassier « lance son coup », tire au « coup de bras » ou encore « au jeté », termes imagés qui expriment trois caractères essentiels :
Rapidité – mouvement – absence apparente de visée.
Les différents modes de visée directe
La problématique du
tir de
chasse tourne en général autour de deux options :
- La visée monoculaire ou binoculaire
La visée monoculaire classique, est parfaitement adaptée à la cible fixe, sans obstacles et sans intermédiaires. Visée lente, méthodique, elle consiste à aligner et faire coïncider les trois points que sont la cible ou l'animal, le guidon en bout de tube et la dépression ou encoche de visée sur l'amorce du
canon prés de la
bascule, le tout guidé par l'œil directeur. Ce procédé en théorie parfait, présente cependant plusieurs inconvénients majeurs.
- Un œil fermé diminue de moitié la puissance de vision.
- Le plan des
canons masque au seul œil ouvert tout ce qui se trouve au dessous de ce plan et il devient très difficile de bien voir une pièce en mouvement.
- Le relief lié au regard bipolaire s'en trouve perturbé, l'accommodation également.
La visée monoculaire les deux yeux ouverts, utilise le même principe que la visée précédente, cependant, tout en ne visant qu'avec l'œil directeur, l'autre reste ouvert. Ici, c'est la dominance oculaire qui accomplit l'essentiel de la visée.. l'œil directeur, maître de la vision, permet l'alignement automatique de la bande de visée sur l'objectif, le champ reste total, le relief et l'appréciation des distances ne sont pas altérés. Seule subsiste la nécessité de baisser la tête pour rechercher la ligne de mire. Il s'agit d'une pratique adaptée au
tir sur cible mouvante dans les cas où l'on dispose d'un temps suffisant et lorsque l'objectif est dans un espace libre et dégagé.
Ces deux types de visée classiques nous permettent de comprendre les principes fondamentaux de la visée directe, son adaptation à un certain type de
chasse et ses insuffisance dans le cas qui nous importe, le
tir instinctif au
bois.
Le tir instinctif ou visée binoculaire stéréoscopique et indirecte.
En fait, nous allons analyser les éléments du
tir instinctif qui n'utilise pas de visée directe, et qui même paraît à l'observation s'en passer tout simplement, ce qui est, comme nous allons le voir, totalement faux.
En réalité, le
tir instinctif est totalement basé et dépendant d'un type de visée que nous appelons indirecte. Pourquoi indirecte ?
Car il ne s'agit plus d'une visée simplement linéaire, mais d'une synthèse multidimensionnelle ou multifactorielle opérée par le cerveau en quelques fractions de secondes et qui à l'observation peut apparaître aberrante, étant donné qu'il n'y a plus adéquation évidente entre la position de l'œil, la bande de visée et la cible en mouvement.
Cette méthode est incontestablement celle des grands
fusils. Certains l'ont décrite et leurs propos démontrent un mélange d'empirisme et de méthode, un incontestable automatisme gestuel sensitif et surtout l'absence de visée linéaire :
Comte Clary : « Amener le
fusil à l'épaule sans que l'œil cesse de regarder le point visé. Conserver la tête droite et bien regarder l'objet visé par dessus le canon… »
M. Bejot : « Dominer le fusil… »
Mr de Lesse : « Garder la tête droite dans sa position naturelle… »
Enfin Jacques Mary, grand champion français et aujourd'hui fabricant connu de
cartouches : « L'épaulement doit être rigoureusement le même chaque fois, afin de garder la tête dans une position inchangée. Les yeux au dessus de la fosse, ne doivent pas voir le
fusil, dans leur champ, il ne compte pas… ».
Il ressort de ces citations de maîtres en la matière deux constantes : le regard, l'œil, la vision doivent fixer la cible par dessus le
fusil, d'où le terme dominer qui signifie à la fois : être au dessus et maîtriser.
La position de la tête doit être invariable et l'on verra que l'ensemble du corps en action dans le
tir, autrement dit tous les segments corporels sollicités doivent se positionner de manière identique à chaque
tir.
Lorsqu'on examine des photos de très bons tireurs on peut voir que la ligne de mire ne passe pas par l'œil, mais aboutit approximativement à la hauteur de l'extrémité du nez, soit 4 à 5 centimètres en dessous de l'œil directeur.
De fait, il s'agit d'une projection conique dans l'espace. cela nécessita trois lignes convergentes ; mais l'œil humain ne peut privilégier qu'un seul objectif ; dans ce cas, c'est la cible de préférence à la ligne de mire ( « regarder l'objet visé par dessus les
canons »). La visée n'étant plus plane ou linéaire, la convergence doit s'opérer à partir de trois données décalées : l'œil droit – l'œil gauche – la ligne de mire ou plus précisément l'ajustement du bras.
La synthèse est opérée par le cerveau humain qui coordonne le tout. Ainsi, le grand tireur Béjot disait : « L'on vise avec le cerveau. »
Plus en détail, l'œil directeur donne la direction et la profondeur, l'autre œil détermine le champ et la hauteur, le bras et son prolongement qu'est la ligne des
canons matérialise et concrétise le tout.
Nous avons affaire à un principe de physique dans un système à quatre dimensions, si l'on y ajoute le temps ou timing, dans le cas du
tir ( appréciation de la vitesse et choix du moment). Le regard suit l'objectif en continuité, le cerveau synthétise tous les paramètres et commande l'action des bras qui accomplissent la dernière ligne actualisée, résultante idéale.
Comprendre et intégrer la visée indirecte.
Le principe est le suivant, quand à la fois sur la rétine de chacun de nos yeux l'image du point à viser se
forme dans le prolongement de celle de la ligne des
canons, ces derniers et le point à viser sont réellement dans l'espace en ligne droite.
Il faut évidemment un certain temps et beaucoup d'exercices sur le terrain pour s'habituer à viser ainsi.
C'est par une éducation progressive de nos sens que nous allons donner une signification à nos impressions et les objectiver exactement par le geste.
Nous comprendrons mieux alors le tireur à la sarbacane qui ne dispose pas d'autre moyen de visée, car l'instrument se trouve ici très en dessous de la ligne des yeux et dans l'impossibilité absolue de s'aligner. Pourtant, il s'agit bien d'une visée dans laquelle l'orientation du tube est totalement imaginée par traduction de données sensitives. On appelle cela en jargon professionnel de psychomotricité : sensation kinesthésique. A tout moment, le tireur possède une conscience sensitive exacte, une représentation immédiate de la position adéquate ou non de son tube par rapport à la cible. Cette conscience n'est pas objective, ni méthodiquement organisée mais parfaitement réelle.
La visée binoculaire conique indirecte ou
tir instinctif est bien la véritable méthode de
tir de
chasse adapté au sous-
bois et au comportement de la
bécasse. De plus, elle est en corrélation logique avec notre système espace – temps.
La tête reste droite dans la position normale, les deux yeux largement ouverts, le regard fixé intensément et sans discontinuer sur l'objectif à atteindre. Cette visée permet un
tir extrêmement rapide et impressionnant et les bécassiers ne me contrediront pas sur la vitesse de l'envol de notre
oiseau roux.
Nous balançons donc nos bras et par conséquent le
fusil dans le regard. Pourquoi l'appelons nous instinctif ? Parce que l'instinct précède toujours la réflexion consciente et le calcul, et là, il s'agit d'une traduction dans le réel de sensations intégrées à l'identique au cours d'expérimentations maintes fois répétées. En vérité, il s'agit d'une visée très cérébrale, en ce sens qu'elle est la résultante de la synthèse de nombreuses sensations et données, cette intervention du cerveau n'apparaissant pas de façon directe ou évidente. Il n'y a pas d'objectivation consciente de la réalisation immédiate.
Il reste à analyser les éléments annexes.
La continuité du mouvement ou « swing »
Dans le
tir de
chasse au petit
gibier et surtout en ce qui concerne les
oiseaux, deux difficultés se conjuguent, la mobilité de déplacement et parfois l'absence de repères spatiaux.
Dans le
tir instinctif, comme nous l'avons vu, c'est le regard binoculaire qui est maître du jeu en quelque sorte. L'avantage de la vision tient au fait qu'il n'y a pas de rupture dans la poursuite, c'est extrêmement important, voire essentiel. Les yeux suivent l'oiseau sans discontinuer, lorsque le bras porteur du
fusil entre en action, il va poursuivre à son tour l'objectif avec nécessairement une vitesse supérieure étant donné qu'il lui est obligatoire de le rattraper et c'est en cela que réside toute la clef du problème. En effet, la supériorité de la vitesse du bras par rapport à celle de l'oiseau est la garantie du dépassement automatique de ce dernier et ce, de façon naturelle et inconsciente. Le tireur n'a pas véritablement l'impression visuelle et objective du dépassement qui s'effectue et qui pourtant est bien réel. La vitesse supérieure du mouvement du bras pour rattraper l'oiseau est également facilitée par la moindre distance à parcourir par le bras que celle qu'effectue l'oiseau dans l'espace dans le même temps.
Au moment où il appuie sur la
détente, sans jamais bloquer le rattrapage, l'axe d'alignement du
fusil est déjà au delà de la cible, car la vitesse supérieure du bras l'a entraîné au delà de la position du
gibier perçue pendant l'infime fraction de seconde nécessaire à l'explosion et à l'arrivée des plombs (question annexe mais importante de la vitesse initiale des
cartouches utilisées). La vitesse plus ou moins variable de l'oiseau est automatiquement compensée par la vitesse imprimée au mouvement, en fonction de la distance. L'une des erreurs possibles et souvent commise, s'observe dans les coups de longueur. Plus un
oiseau est éloigné, plus il semble faussement lent et de plus, le temps mis par les plombs pour lui parvenir est plus long. Il faudra donc augmenter la vitesse du swing ou plus sûrement produire une accélération très importante, continue et progressive.
Mais l'adage traditionnel du tireur reste vrai :
« queue – tête et pan ! » Certains disent qu'il faut tirer devant. C'est vrai puisque ça se réalise sans que l'on en possède une véritable conscience. Lorsqu' on dépasse consciemment l'oiseau de 2 ou 3 mètres, il y a le risque de bloquer le bras par un commandement involontaire du cerveau qui se trouve en situation d'inadéquation naturelle. A mon avis, par expérience, c'est la vitesse continue du swing qui doit être privilégiée par rapport à une prise d'intervalle objectivée.
Nous avons tenté d'expliquer et d'analyser dans ce qui précède tout ce qui concerne la visée indirecte. Pour parvenir à cette maîtrise, il sera nécessaire d'obtenir progressivement un bon contrôle du corps et des segments sollicités dans le geste du tireur, mais aussi de posséder un
fusil conforme à sa morphologie.
La maîtrise des segments corporels.
C'est l'ensemble du corps qui tire, mais certains segments vont être plus sollicités que d'autres : la tête, les bras et les mains, les jambes et les pieds. L'aisance motrice dépend de l'appréciation sensitive que l'on a de son corps en situation et cela de façon globale. Nous retombons dans l'instinctif. Ce sont des sensations intégrées qui nous guident et non une pensée élaborée. Ainsi, un ensemble de coordinations concomitantes ou successives va s'établir. les points d'ancrage conscients au début vont peu à peu s'effacer au profit de l'intériorisation d'ensemble, mais ils devront rester identiques. Il s'agit :
- Du contact de la crosse avec la joue.
- Du contact avec l'épaule ;
- Du contact de la main sur la
longuesse
- Du contact de l'autre main contre le
pontet.
- De l'appui des jambes et de la position des pieds.
Le poids du corps doit être réparti comme suit : 60% sur la jambe d'appui qui est celle opposée à sa latéralité : la gauche pour un droitier, la droite pour un gaucher. Les pieds seront pour un droitier à 13h 15 ( une heure et quart) et pour un gaucher à 8h 55 ( neuf heures moins cinq). Le swing étant obtenu par rotation du buste et poussée latérale et en avant des bras, cet ensemble de coordination doit être souple, sans à coup et équilibré. Il s'agit là, bien entendu des positionnements idéaux vers lesquels doit tendre tout
chasseur ; mais en terrain irrégulier peut être rendu impossible. Il faut alors s'adapter en fonction des possibilités. En tout état de cause, il est impératif de ne jamais varier dans la position de la tête, de l'épaulement, des mains sur le
fusil ; cela reste possible en toutes circonstances.
Les problèmes de latéralité.
Il est toujours étonnant de constater que peu de personnes connaissent leur œil directeur. Dans ce
tir d'instinct, donc hyper rapide, la coordination œil – main ou épaule va s'effectuer sans calcul ou correction possible. Il est donc impératif de connaître quel est son œil directeur. Pour cela, la méthode classique de visée d'un point précis, les deux yeux ouverts, en pointant du doigt est exacte. Ensuite, sans rien bouger, fermer alternativement chacun des yeux. L'œil directeur est celui avec lequel l'alignement de la visée n'est pas modifié.
Lorsque la dominance visuelle correspond à la dominance manuelle, les choses sont simples. Mais lorsque par exemple il y a croisement, œil droit directeur – épaulement à gauche ou l'inverse, tout se complique. En
chasse, on n'a pas le temps de modifier le pointage quand le
fusil parvient à l'épaule. Ces rectifications occasionnent des contorsions nuisibles qui sont toujours difficile à réaliser dans le laps de temps infime dont on dispose. Il est donc indispensable, afin d'oublier le
fusil, que ce dernier soit établi de telle sorte qu'à l'épaulement aucune rectification d'attitude ne soit nécessaire. Le
fusil n'e doit être qu'un prolongement de soi, il doit aller au tireur comme un gant. Il ne compte plus, il est oublié.
La bande de visée, la ligne de jonction des
canons doit s'aligner naturellement avec l'œil directeur. Cela veut dire que la ligne des
canons, lors de l'épaulement, sera dans le prolongement exact de la vision de l'œil directeur, mais par contre pas tout à fait parallèle à l'axe des yeux, compte tenu du décalage entre l'œil et l'épaule ; nous verrons pourquoi dans l'analyse de la
pente.
Mise à conformité.
Ces deux exigences obligent à modeler la crosse dans les deux plans : vertical et horizontal. Les modifications verticales concernent ce que l'on coutume d'appeler : la
pente. Les modifications horizontales concernent le dévers ou avantage.
- L'avantage ou dévers
L'image qui se
forme sur la rétine de l'œil droit directeur assure la visée en direction ; celle qui se
forme sur la rétine de l'œil gauche assure la visée en hauteur et inversement pour un œil directeur gauche.
Le but de l'avantage est justement d'amener le prolongement de la bande des
canons dans la verticale de l'œil droit directeur, sans qu'il soit nécessaire de modifier la position de la tête. Il faut en moyenne, selon les tireurs et leur morphologie de 8 à 16 mm d'avantage, mais il sert également à rapprocher les
canons de l'œil gauche qui ainsi pourra mieux les voir.
- La pente.
Dans le
tir les deux yeux ouverts, le
chasseur ne doit pas avoir besoin de regarder le
fusil. Il doit, dés que son regard fixe la pièce à abattre, trouver les
canons, en entier si possible, dans son champ visuel, par le fait même de l'arrivée de l'arme à l'épaule. En réalité, on ne voit plus le
fusil. Il faut bien comprendre par-là qu'on ne le regarde pas, que toute l'attention du regard est concentrée sur la cible, mais que l'image du
fusil s'imprègne tout de même sur la rétine par le fait qu'il est bien présent dans le champ visuel.
L'expérience montre ceci : pour que deux objets puissent être perçus simultanément par l'œil, sans que celui – ci ait de mouvement à faire, il ne faut pas que leur distance angulaire soit supérieure à 19°. Géométriquement, cette angulation correspond sur un
fusil dont la crosse ferait 36 cm de longueur, à une
pente de 4 à 6 cm selon la conformation du tireur. Si la
pente est trop faible, le
chasseur sera obligé de baisser la tête pour percevoir la bande, si elle est trop forte, le plan des
canons, trop rapproché de l'œil gênera la vision.
- L'équilibre.
Il dépend de la position du centre de gravité, point de partage exact des poids de l'avant et de l'arrière du
fusil, mais il faut également considérer la position des mains sur l'avant et sur l'arrière. si le tireur tient l'avant du
fusil sur l'extrémité de la
longuesse, et l'arrière juste au contact du
pontet, en prenant le milieu exact entre les deux mains, on obtiendra le point idéal d'équilibre qui devra correspondre avec le point réel de partage des poids, en général ce point tombe à 4 cm à 4,5 cm en avant de la
bascule ou arrière des
canons. Cela dépendra de la position des mains du tireur et de ses habitudes. Il faut simplement savoir q'un centre de gravité trop en avant fait piquer les
canons et tirer bas. A l'inverse, un centre de gravité trop en arrière fera monter plus facilement l'arme et tirer haut.
- La longueur de crosse.
Il s'agit de la mesure la plus évidente pour le
chasseur. Du centre de l'index à la saignée du bras en tenant légèrement compte de l'épaisseur habituelle des vêtements.
Ne pas oublier que le
bec ou
talon de crosse, plus ou moins important, jouera de façon annexe mais non négligeable sur la
pente, surtout avec des personnes corpulentes dont le creux d'épaule sera moins marqué. Tout dépend aussi de la façon d'épauler de chacun, qui doit être minutieusement observée par le conformateur.
Stress et timing.
Restent les facteurs psychologiques et émotifs qui provoquent des tensions, des crispations musculaires néfastes. L'aisance, la souplesse, la rapidité d'un mouvement sont à coup sûr diminuées par une hypertonie partielle ou raideur involontaire provoquées par le stress, la peur de manquer, l'émotion de l'envol etc. le
tir demande sérénité et confiance.
Le « timing » est le terme consacré pour désigner le moment exact où l'on doit appuyer sur la
détente. Le choix exact ne s'acquiert qu'avec l'expérience. Avant c'est trop tôt, après c'est trop tard ! le
fusil est oublié, l'appréciation du bon timing est très rapide, le
fusil doit donc être exactement conforme au tireur qui ne s'occupe que de la progression de l'oiseau et des obstacles environnants pour choisir en un éclair le moment adéquat où il pressera sur la
détente.
Trop de
chasseurs achètent des
fusils aux mesures standard et manquent sans comprendre pourquoi. On ne peut que les encourager à se rendre chez leur armurier ( à ne pas confondre avec un marchand de
fusil) pour qu'enfin ils puissent tirer d'instinct et en conformité.
Jean – Pierre Denuc